Le Chant de l’Eau : poème d’Angèle Vannier

Hier soir j’ai découvert le travail d’Angèle Vannier, poétesse du milieu du XXe siècle. Un de ses textes aura notamment été chanté par Edith Piaf, Le Chevalier de Paris.


J’ai lu « Le Chant de l’Eau » que je vous repartage ci-dessous en intégralité. Le texte est extrait du recueil l’Arbre de Feu, publié en 1950 et préfacé par Paul Eluard (lien du recueil dans les sources).

CHANT DE L’EAU

Chêne qui manges la terre
En buvant la paix du ciel
Comme ton ombre est légère
Sur mes lèvres sans sommeil
Ta fraîcheur abrite un monde
Qui mûrira bien un jour
Mais qu'il attende son tour.
C'est ici que l'eau fragile
Prend racine pour fleurir
Loin là-bas vers l'espérance
En un grand bleu tout exil
Attendu depuis l'enfance.
Visage éclatant du songe
Né d'une clairière en fleurs
Et du trop de ma ferveur
A l'auberge des rousseurs
Visage éclatant du songe
Emprunté par un enfant
Qui dit l'eau le feu le sang
De la source à l'océan
Ta bouche est une fontaine
Où la chute d'un oiseau
Où la traque d'un blaireau
Et le frisson d'une reine
Composent un feu nouveau.
Avec moi l'écume rousse
Qui bouillonne au fond des bois
Avec moi l'ombre et la mousse
Qu'on écrase entre les doigts
Avec moi la faune ardente
Et sa blessure éternelle
Avec moi le goût du miel
Qui s'écoule vers le ciel!
Enfant du druide mon frère
Dans la houle forestière
Où tu prends visage humain
Je partage ton chagrin
De savoir que tant de chênes
Ici ne croient plus à rien.
Forêt forêt belle histoire
Si je creuse ta mémoire
J'y découvre mon amour
Car c'est toujours lui qui gagne.
Les filles à la fontaine
Pleurent toujours un soldat
Qui s'en est allé là-bas
Manger la terre lointaine.
Le vent crache des cigales.
Ruiner les sources du sang
J'en appelle à mon étoile
Elle dit comme l'enfant
Ne pas compter les années
Revenir à l'eau sacrée
Il faut répandre son chant.
Je galope avec l'eau claire
Jusqu'aux limites du sang
J'envahis la chair entière
De la source à l'océan.
Dire simplement lumière
Et l'eau règne sur le temps.

C’est grâce au musicien Myrdhin que j’ai découvert ce poème et son autrice. À l’occasion d’un petit reportage qui lui était consacré, on peut l’entendre interpréter ce poème dans un arrangement de son cru de barde breton. Merci à l’internaute qui en donne la référence en commentaire d’ailleurs.

Vous pouvez entendre une version plus longue de la chanson durant le concert dont je vous met le lien ci-dessous. Je dois encore trouver dans quel album de Myrdhin on peut entendre cette chanson interprétée.

Sources :




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